Récit de mon petit séjour en Beaujolais, dimanche 20 et lundi 21 Avril 2008.
Plus d'un an que je n'y avais pas mis les pieds, et le premier constat est accablant...à chaque regard dans le paysage, des vignes laissées à l'abandon... le Beaujolais se meurt, résultat du négoce, de la folie de certains qui ont voulu faire de l'argent en vantant le marketing tout en bradant le terroir et les Hommes. Non le vin n'est pas une marchandise comme les autres, et la mettre entre les mains peu scrupuleuses de quelques uns coûte, aujourd'hui, très cher aux petits récoltants qui ont, eux, toujours privilégiés la qualité de leurs vins. Des vins très différents des ignomables beaujolais nouveaux de grandes surfaces vendus à 1€54. Effectivement ceux-là ne sont pas bons du tout !!!!
En quittant la plaine de la Saône, je reprends espoir autour de Juliénas, le paysage est grandiose et la vue splendide. Les vins de Pascal Granger me charment, impossible de faire un choix entre ces bouteilles ( appellations juliénas, chénas, moulin à vent ), elles sont toutes complémentaires et expriment à merveille la diversité des terroirs. Je prends donc les 3!!
Petit pique-nique improvisé sur les hauteurs d'Emeringes avec le beaujolais blanc d'André Poitevin, un regal...
A la volée plusieurs domaines intéressants qui risquent fort un jour où l'autre de finir dans ma cave :
Domaine Richard Rottiers, un jeune qui vient juste de s'installer, très très prometteur...
Domaines du vissoux, de gry-sablon et chateau de Beauregard.
Cette virée en Beaujolais c'est terminée par la rencontre d'Hommes de convictions, engagés dans ce que l'on appelle les vins naturels.
Les vins naturels, c'est d'abord des vignes cultivées en Bio, puis lors de la vinification, il n'y a jamais d'adjonction de produits, qu'ils soient naturels ou chimiques.
Il n'y a donc jamais de chaptalisation ( rajout de sucre ) , jamais d'acidification, et surtout il n'y a jamais d'utilisation de sulfites ( ce qui nous fait mal à la tête dans les mauvais vins blancs ou rouges ), le vin est dit naturel.
Idem à la volée plusieurs domaines très intéressants :
Yvon Métras
Philippe Jambon pour ces blancs
Marcel Lapierre, dont ces vins seront bientôt présents à la cave.
Le Beaujolais souffre incontestablement de l'image (désastreuse) du Beaujolais-Nouveau, or il existe 10 crus qui méritent largement votre attention. Les consommateurs aujourd'hui de vins, demandent des vins légers, fruités, peu tanniques, et le Beaujolais répond parfaitement à cette attente...
Rappel des 10 crus:
Brouilly, Côtes de Brouilly, Régnié, Fleurie; Morgon, Chiroubles, Moulin à vent, Juliénas, Chénas, Saint-Amour
Sur 22 mille hectares, 6 mille ont été arrachés en 2007....
Dans les crus du Beaujolais il n'y a pas de vendange mécanique, tout est fait à la main, ce qui permet l'emploi de milliers de vendangeurs par an...!!!! l'avenir des petits boulots d'étudiants de nos enfants est entre nos verres.